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Histoire de La Fournaise par Alain GERENTE V

Les éruptions de 1993 à 2004


1998, l'éruption du 20ème siècle ...

Le Piton de la Fournaise est endormi depuis 5 ans et 6 mois lorsque le 7 mars 1998 une crise sismique intense déclenche l'état d'alerte au volcan

La nuit du 8 au 9 mars va être très chaude au gîte du volcan. Une série de détonations et de violents séismes a vidé les chambres de ses occupants.


Jacques Picard responsable de ce gîte depuis 1960 était sur place cette nuit là.
" Vers 2 heures du matin, je suis brutalement réveillé par les aboiements de mes chiens. Un bruit sourd, équivalent à deux coups de canons, se fait entendre. J'interroge un de mes aides, Gérard, qui dort dans la chambre voisine : d'après lui, ce bruit d'explosion sourde se répète régulièrement depuis une demi-heure ... Je descends aussitôt dans le garage : mes deux chiens ouvrent de grands yeux effrayés et leur poil est complètement hérissé ! Lorsque je remonte, tout le monde est très inquiet. Nous décidons, avec ma femme, mes enfants, et mon équipe, de ne pas rester à l'intérieur du gîte. Il est 2 heures et demie. J'appelle l'Observatoire Volcanologique, qui m'annonce que nous sommes en phase d'alerte et qu'une éruption peut démarrer à tout moment ... "

Finalement l'éruption débute le 9 mars vers 15 heures.


L'éruption de cette année là du Piton de La Fournaise est exceptionnelle à plus d'un titre. D'abord par la longévité du cratère principal : le Kapor a été en effet actif du 9 mars au 21 septembre, soit durant 196 jours.
Ensuite par la variété des formes des laves émises, une féerie de laves aux formes les plus incroyables, l'un des plus beaux spectacles que peut nous offrir la nature.


Au cours des 6 mois d'activité un réseau de tunnels s'est mis progressivement en place permettant à des laves dégazées, le plus souvent des pahoehoe, d'apparaître en surface à des distances de plus en plus grandes du Kapor, jusqu'à 12 kilomètres.
Le cratère visible du Pas de Bellecombe est à seulement une heure de marche. Il va bénéficier d'un succès médiatique considérable et plus de 100 000 visiteurs vont venir admirer le cratère et ses coulées de lave. On vient du monde entier et même des lamas tibétains se rendront sur le site.


Interview de Jacques Picard : " Toutes sortes de gens sont passés au Gîte, même un lama tibétain : un après-midi de mai, vers 5h, je vois arriver deux femmes et un homme étrangement vêtu. Il portait une robe rouge et était chaussé de très fines sandales ... Ce monsieur venait du Tibet, et l'on ne pouvait pas s'adresser à lui directement, les deux femmes servant d'intermédiaires. Le lendemain matin vers 5 h, après avoir bu un café, il est parti visiter le Kapor sous la pluie, un simple parka posé sur sa robe et ses fines sandalettes aux pieds ... Honnêtement, je lui tire mon chapeau car je trouve qu'il a eu beaucoup de courage ! Un autre jour, un monsieur, photographe de son métier, est venu nous annoncer qu'il était décidé à faire un scoop, c'est-à-dire photographier l'intérieur du cratère. Ce qu'il fit, et il s'en est très bien tiré : seules ses chaussures ont pris feu ! ".

L'éruption du Kapor restera dans les mémoires comme " l'éruption du siècle ".
Le DVD n°2 " 1998 l'éruption du siècle " lui est entièrement consacré.


LES ANNÉES 1999 ET 2000


En 1999 et 2000 le Piton de La Fournaise devait connaître 5 éruptions qui sont l'objet du DVD n° 3 " Les éruptions de l 'an 2000 " : 2 petites activités en juillet et septembre 1999, l'épisode éruptif du Célimène en février 2000



et surtout 2 fabuleuses éruptions, celle des cratères Pârvédi et du Morgabim, situés entre le Château Fort et le Signal de l'Enclos.

L'éruption du Pârvédi ( 23 juin-30 juillet 2000 ) commença par les plus belles fontaines de lave que l'on ait vues depuis longtemps sur La Fournaise, ce fût un incroyable spectacle qui fascina tous les visiteurs des premiers jours. Un court-métrage
" la danse du volcan " consacré à cet épisode fait partie du DVD 3 " Les éruptions de l'an 2000 ".



L'éruption du Morgabim débuta le 12 octobre 2000 et devait suivre un scénario classique jusqu'au 8 novembre où seules quelques faibles explosions subsistèrent.
Soudainement une grande partie des murs du cratère s'écroula et un lac de lave d'une cinquantaine de mètres de diamètre apparût à une centaine de mètres des observateurs médusés ...



Un spectacle fantastique commença, le lac de lave était balayé par des vagues de 15 à 20 mètres de hauteur, les fontaines atteignirent près de 100 mètres. Quelques heures plus tard , une intense explosion se produisit en amont du lac , une 2ème bouche s'ouvrit qui éjecta des bombes à 200 mètres d'altitude. Commença alors un ballet incroyable entre le lac et ce nouvel évent surnommé " le sniper " en raison des bombes qu'il expédiait à grande distance ...
Tout s'acheva en quelques minutes le 13 novembre 2000 et une grande partie du DVD 3 " Les éruptions de l'an 2000 " est consacré à ces 2 éruptions.


L'ANNÉE 2001

2001 fût marquée par 2 éruptions celles du Tourkal et du Madoré.

Le 27 mars 2001 commença l'éruption du Tourkal. Ce qui va caractériser cette activité, c'est la très grande vitesse des laves à la sortie des fissures, plus de 60 kms / heure, vitesse due à la fluidité des laves émises et à la pente sur laquelle s'estétait ouverte la plus basse des 5 fissures actives. Torrents, cascades, cataractes composent le " Canyon de l'enfer " ...



L'un des visiteurs du Tourkal disparût mystérieusement. On retrouva sa voiture au Pas de Bellecombe, mais les recherches resteront vaines. Etait-il tombé au fond du cratère dont le bord était accessible ... Cette disparition n'a jamais été résolue.

La Fournaise décidément très active depuis 1998 se réveilla à nouveau le 11 juin 2001. Deux phases furent particulièrement spectaculaires dans cette éruption :
L'ouverture de plusieurs fissures très actives composa un ballet d'une beauté féerique.



Le nouveau cône en construction fût baptisé le Madoré [ Photo DVD 4 à 1h00'06 ]
Les derniers jours de l'activité début juillet, plusieurs douzaines de coulées de lave très actives descendirent les pentes du Grand Brûlé. Deux d'entre elles traversèrent la route côtière les 6 et 7 juillet et s'arrêtèrent à 400 mètres de la mer. L'une d'elles contourna le panneau de signalisation " cédez le passage "



Le DVD 4 " 2001 l'odyssée de La Fournaise " est en partie consacré à ces 2 éruptions.


2002 , UNE NOUVELLE ANNÉE EXCEPTIONNELLE

De tout temps les hommes ont été fascinés par les volcans et plus particulièrement par le spectacle qu'ils nous offrent lorsque les coulées se jettent dans la mer ... Les vagues partent à l'assaut des laves en fusion qui viennent à leur rencontre. Le combat acharné entre les éléments se déroule dans un bruit indescriptible où se mêlent les jets de vapeur, le grondement du ressac, le gémissement des roches incandescentes s'enfonçant dans l'eau bouillante ...



Ce spectacle grandiose, cette atmosphère de début du monde, le Piton de La Fournaise nous l'offre à intervalles plus ou moins réguliers, en moyenne de 5 à 10 fois par siècle.
5 éruptions de ce type se sont produites au 20 ème siècle, en 1931, 1943, 1961, 1977 et 1986. Ensuite il va falloir attendre 2002, une année exceptionnelle car elle va connaître 2 éruptions dont les coulées vont se jeter en mer.

Le DVD 5 " Eruptions en mer " est consacré aux éruptions dont les coulées ont atteint l'océan Indien et plus particulièrement à celles de 1977, 1986, janvier et novembre 2002.


L'ÉRUPTION DE JANVIER 2002

Deux mois seulement après l'éruption du Piton Madoré en juillet 2001 qui termine le volume 4 de cette série, de nouveaux séismes furent enregistrés.
Mais le réveil de la Fournaise se fit attendre plusieurs mois.

Le 5 janvier 2002, La crise finale se déclencha en fin d'après-midi. Le magma parvenu à quelques centaines de mètres de la surface des cratères sommitaux, prit la direction de la Plaine des Osmondes, progressant à faible profondeur à une vitesse horizontale voisine de 1 km / h .
L'éruption débuta un peu avant 23 heures, vers 1900 mètres d'altitude au voisinage du Nez Coupé de Sainte-Rose, au bord de la rupture de pente qui donne accès à la Plaine des Osmondes.



Mais l'éruption s'essouffla très vite. 3 jours plus tard, l'activité s'était considérablement affaiblie. il était cependant peu probable qu'elle s'arrêta car différents facteurs indiquent que le magma poursuivait sa progression souterraine.

Au cours de la nuit du 12 au 13 janvier, un groupe de journalistes qui campait sur le volcan signalèrent l'apparition au loin, vers le fond de La Plaine des Osmondes, d'une vive lueur illuminant les nuages. Cette région est très souvent dans le brouillard et il fallut attendre le lendemain soir pour localiser la nouvelle coulée, située à 1100 m d'altitude, à la base du rempart de Bois Blanc au pied du Piton Jouvancourt.



Le matin du 16 janvier la coulée n'était plus qu'à quelques centaines de mètres de la route côtière. Se souvenant de la destruction de la Vierge au Parasol en avril 1961, La mairie de Sainte Rose prit la décision de déménager la Vierge. Ce fut le bon choix.

Il fallut près de 4 heures à la coulée pour franchir les 400 mètres de forêts très denses qui séparaient le site de la Vierge au Parasol de l'Océan. Une partie des spectateurs qui avaient assisté à la traversée de la route se rendirent en haut des falaises qui surplombent l'Océan Indien pour ne pas rater l'instant magique de la rencontre de l'eau et du feu. Certains n'hésitèrent pas à s'installer dans les arbres.



L'éruption devait stopper brutalement, en moins de 5 minutes, l'après-midi du 16 janvier. En 48 heures, la lave avait agrandie l'île d'une dizaine d'hectares.

Moins d'une semaine plus tard le cyclone Dina ravageait La Réunion avec des vents supérieurs à 250 kilomètres / heure dans les hauts de l'île. Les Réunionnais ne sont pas près d'oublier ce mois de janvier 2002 ...

L'ÉRUPTION DU PITON GUANYIN ( 16 novembre - 3 décembre 2002 )

6 mois après la coulée de janvier 2002, les sismographes de l'Observatoire Volcanologique commencèrent à s'agiter. Début septembre il devint clair qu'une nouvelle éruption allait se produire. Celle-ci débuta en fin de nuit le 16 novembre par l'ouverture de plusieurs fissures dans le secteur du Piton Madoré.
Plusieurs coulées de grattons dévalèrent les pentes du Grand Brûlé.
Quelques jours plus tard le nouveau cratère, situé à 1600 mètres d'altitude, est baptisé Piton Guanyin du nom d'une divinité féminine chinoise.
Pendant une première phase l'activité du Piton Guanyin est restée conforme aux " standards " de La Fournaise : le cratère actif se referme au bout de quelques jours, emprisonnant un lac de lave. Un tunnel où circule le magma se construit à la base du cratère , la coulée apparaissant au grand jour à une distance de plus en plus éloignée de la fissure d'origine.



Cette évolution permet à la lave de se dégazer le long de son parcours horizontal et souterrain tout en gardant une température supérieure à 1100°. Aussi dès que le tunnel est suffisamment long, le magma chaud et dégazé ayant perdu une grande partie de sa viscosité d'origine émerge en général sous forme d'une coulée de laves très fluide

L'éruption semblait évoluer vers un affaiblissement progressif lorsque le 29 novembre,
sous la pression des gaz et du magma, le cratère s'effondra en partie, puis se réouvrit, laissant s'échapper une nouvelle coulée de lave . Des fontaines de 60 à 100 mètres de hauteur édifièrent un nouveau cône 4 fois plus grand que le précédent.



Du tunnel long de 1 kilomètre toujours en place émergea une coulée très fluide avec un débit beaucoup plus important. Elle se partagea en plusieurs bras.

Le soir du 30 novembre un peu avant minuit, le bras de coulée le plus actif traversa la route littorale, la RN2. Il lui fallut encore 6 heures pour atteindre la mer.



L'éruption s'arrêta finalement au cours de la nuit du 2 au 3 décembre...

Début décembre 2002, alors que l'éruption du piton Gwanyin se terminait, une énorme sismicité se développa sous le Dolomieu à 400 mètres de profondeur.
Le risque d'une explosion phréatique de grande ampleur conduisit les autorités à interdire l'Enclos. Vers la mi-décembre, on enregistrait en moyenne un séisme par minute. Certains dépassaient la magnitude 2,5. L'interdiction d'accès fût étendue a la Plaine des Sables et le gîte du volcan évacué. Entre le 20 et le 22 décembre le tremblement de la Fournaise devint quasi permanent, on en était maintenant à plusieurs milliers de séismes par jour.

Finalement la crise de décembre 2002 se termina le matin du 23 à la suite d'un séisme important. On découvrit par la suite un champ fumerollien dans une zone d'environ 1 hectare, effondrée d'une vingtaine de mètres. Cette zone est située dans le Sud Sud-ouest du cratère Dolomieu, près du rempart, contre le bord Ouest du cratère du 29 décembre 1985, et à peu près à l'endroit où s'est déroulée l'éruption phréatomagmatique d'avril 1961 .



Pas de trace d'explosion phréatique, la vapeur et les gaz accumulés ayant réussi à s'échapper sans provoquer d'explosion.
Par contre cette région étant maintenant fragilisée, il fallait s'attendre à ce que les éruptions ultérieures empruntent cette voie facile d'accès et débouchent dans la nouvelle zone fumerollienne.
Là encore si nous nous référons au passé en prenant comme exemple la formation du " pit-crater " le 29 mars 1986, les éruptions suivantes ( 13-14 juillet, 12 novembre, 26 novembre, 6décembre 1986) se déroulèrent au fond de ce pit.


LES ÉRUPTIONS EN 2003- 2004

PITON DE LA FOURNAISE : L'ÉRUPTION DE JUIN 2003
Une activité inhabituelle


Dès le mois de mars 2003 la reprise de l'activité sismique ainsi que l'absence de déflation de la zone sommitale annoncèrent que le volcan ne tarderait pas à se réveiller.
Après très peu de signes précurseurs une première phase éruptive précédé d'une crise sismique de 17 minutes se produisit comme prévu dans la zone d'effondrement le 30 mai de 11h55 à 14h15 déversant moins de 300 000m3 de magma.
Dans les jours qui suivirent une reprise périodique du trémor indiquait qu'une seconde phase allait suivre. Celle-ci commença également sans aucun autre signe précurseur le 4 juin à midi pour s'achever le 6 en fin d'après-midi par l'émission d'un panache de cendres dans le cratère en formation, panache peut-être dû à un colmatage de la cheminée d'alimentation entraînant une surpression dans le cône.



Le 10 et le 11 juin la reprise des séismes indiqua la venue d'une 3ème phase.
Le 12 juin la journée fût calme, l'éruption reprit en douceur le 13 juin vers 3h du matin exactement dans le même cône baptisé maintenant cratère KAF. Cette 3ème phase exactement semblable à la précédente devait s'achever au cours de la nuit du 14 au 15 juin ayant produit moins d'un million de m3 de magma comme la phase 2. Le 16 juin ces 3 phases avait recouvert grosso modo la moitié Ouest du Dolomieu.



Une faible sismicité reprenait le 18 juin et très tôt le matin du 22 juin la phase 4 débuta également en douceur. Le mauvais temps qui régnait ce jour au volcan, suite à la présence d'alizés très actifs ne permettait pas de voir le lieu exact de l'éruption, cependant clairement située dans la même zone. Au cours de la nuit du 22 au 23 les premiers observateurs constatèrent la présence de fontaines de lave sortant d'une bouche adossée au cratère Kaf, donc située à une dizaine de mètres de celui-ci. Une coulée de pahoehoe peu active émergeait d'un tunnel situé à la base du Kaf. L'éruption s'éteignait progressivement le week-end du 5-6 juillet après 2 semaines d'activité.
Cependant l'absence de déflation de la zone sommitale et le peu de magma émis à ce jour (moins de 3 millions de mètres cube) laissaient penser que cette activité n'était pas terminée.


PITON PAYANKÉ ( 22-27 août 2003 )

6 semaines plus tard l'éruption reprenait et construisait en 5 jours au pied du Kapor un nouveau piton qui dépassait celui-ci en taille et en volume.
Compte tenu de la proximité du Pas De Bellecombe l'Enclos était rapidement ouvert et le nouveau cratère bénéficiait d'un succès populaire peu commun.
[ Photos PE Payanke A 05, A 18, et A 24 ]



L'éruption stoppait brutalement le 27 août à 21h52 , mais une heure auparavant l'un des visiteurs en train de photographier le cône en activité chutait au fond d'une fissure encore très chaude et décédait peu après. Une mesure de température effectuée avec la caméra thermique de l'observatoire révéla peu après que la température au fond de la fissure était voisine de 260° ...

L'ÉRUPTION DU 30 SEPTEMBRE 2004

Cette éruption qui commença le 30 septembre vers 23h30 était située sur le flanc sud du Bory. Elle ne fût active que quelques heures et les premiers témoins arrivant sur le lieu de l'activité le matin du 1er octobre assistèrent aux derniers soubresauts du volcan.
Comme au Tourkal l'un des rares visiteurs devait disparaître mystérieusement. 6 mois plus tard son corps n'a toujours pas été retrouvé.

L'ÉRUPTION DE DECEMBRE 2003

Dès la fin octobre la sismicité reprenait et le Piton de La fournaise se réveillait le 7 décembre à 15h35. Eruption sans témoins à ses débuts, car un temps exécrable régnait sur le volcan. Toute l'activité devait se concentrer dans le cratère Dolomieu ; faible les premiers jours, elle passa par un maximum entre le 11 et le 15 décembre avec la formation de 3 hornitos, puis faiblit progressivement pour stopper le jour de Noël.




L'ÉRUPTION DE JANVIER 2004

2 semaines à peine après la fin de l'activité précédente, le 7 janvier 2004 à 9h30 du matin, une crise sismique commença sous les cratères sommitaux et des déformations importantes furent enregistrées autour du Dolomieu. L'injection de magma parvint à quelques centaines de mètres de la zone sommitale, puis prit la direction du Nez Coupé de Sainte Rose sans trouver de voie de sortie.



Pendant 40 heures le magma va migrer ainsi vers le Nord Est de l'Enclos, les séismes de plus en plus importants étant localisés de plus en plus près du rempart Nord de l'Enclos. Allait-on assister à une éruption hors Enclos ?
La question devait se poser avec de plus en plus d'insistance au cours de la nuit du 8 au 9 janvier. Finalement l'éruption se déclencha vers 2h45 du matin et la couverture nuageuse laissa planer le doute jusque vers 5 heures du matin. Les observateurs situés sur la route côtière dans le Grand Brûlé aperçurent alors quelques lueurs dans les nuages au-dessus de la Plaine des Osmondes ?
Suite à un survol du directeur de l'Observatoire entre 6 et 7h, l'éruption fût enfin localisée : une fissure de 300 mètres de long s'était ouverte à 1500 mètres d'altitude traversant de part en part le Puy Haug dans la Plaine des Osmondes.



En complet contraste avec l'intense activité sismique qui l'avait précédée, l'éruption fût de faible intensité ; elle stoppa dans la matinée du 10 janvier après une trentaine d'heures d'activité.

LE CRATÈRE JEAN LOUIS CHEMINEE ( mai 2004 )

Durant le mois d'avril 2004 la sismicité reprit avec une moyenne de 10 à 30 séismes par jour. Le réveil de La Fournaise intervint le 2 mai à 19h03 au début d'une période de très mauvais temps. Il fallut attendre le 9 mai pour qu'une équipe de l'Observatoire Volcanologique parvienne auprès de l'activité, découvrant 2 cratères peu actifs et de petites coulées de aa.

Le vendredi 14 mai seul un cratère restait actif, il était presque fermé, de grandes flammes et quelques rares projections s'en échappaient. Un long tunnel de lave s'était mis en place le long du rempart de l'Enclos jusqu'au pied du Nez coupé du Tremblet. Une lave très fluide émergea en haut des Grandes pentes dans le courant de l'après-midi ; au cours de la nuit du 14 au 15 elle devait descendre jusqu'à 460 mètres d'altitude, à environ 1,8 km de la route nationale.
En fin de nuit le 15 au matin l'activité changea brutalement et devint plus explosive. A 6h du matin une brusque augmentation du trémor et la webcam du Piton de Bert montrèrent que le cratère s'était largement réouvert. Des fontaines de lave jaillissaient à près de 100 mètres de hauteur et une lave visqueuse sortait de l'évent. Quelques coulées très peu fluides subsistaient le long du rempart, mais toute activité cessa dans les Grandes pentes.
Ce week-end là l'observatoire commença à enregistrer une vingtaine de séismes par jour. Dans le passé récent cette sismicité précédait de 3 à 4 jours la fin de l'éruption.
Effectivement les fontaines intenses du samedi se maintenaient jusqu'au mardi 18 mai, mais l'éruption donnait de nets signes d'affaiblissement vers 15h30 et cessait définitivement à 16h15.




L'ÉRUPTION DU " VENDREDI 13 "


Quelques semaines après l'arrêt de l'éruption de mai 2004, le gonflement du Piton de La Fournaise reprend, indicateur d'un réveil prochain du volcan. Il est à noter que cette tendance à l'inflation des cratères sommitaux est permanente depuis le début de l'année 2003, aussi il n'est pas étonnant que les périodes de repos du volcan ne dépassent guère 3 à 4 mois.

Vers la mi-juillet l'augmentation de l'activité sismique confirme que l'éruption prochaine devrait intervenir avant la fin août. L'Enclos du volcan est fermé le 12 août dans la soirée et la nouvelle éruption débute un peu avant 3 heures du matin, le 13 août, un vendredi, d'où le surnom de " l'éruption du vendredi 13 " donné par les journalistes.



Précédée d'une crise sismique de 25 minutes, une fissure s'ouvre dans le cratère Dolomieu, elle se prolonge par une longue fissure sur le flanc Est du volcan jusqu'à 1900 mètres d'altitude.


Dans la soirée du 13 août les fontaines de lave se concentrent entre 2100 et 2200 mètres d'altitude, un cône se construit, le front de coulée stagne vers 1300 mètres.



Les jours suivant les fontaines faiblissent , le 16 août, seul un dégazage est visible, mais les coulées très fluides restent actives entre 1800 et 1300 mètres.



Le 18 août au matin, un lac de lave se met en place, durant quelques heures, à l'intérieur du cône construit les premiers jours. Les laves toujours très fluides se tunnelisent rapidement.



Cette mise en place de tunnels permet à la lave de s'écouler sans se refroidir, aussi le front de coulée progresse rapidement dans les " Grandes Pentes " pour atteindre la route côtière baptisée désormais la " Route des Laves " le 22 août.



La lave lézarde ensuite dans la forêt avant d'emprunter le lit d'une petite ravine et d'atteindre l'océan un peu avant l'aube le 25 août, ayant parcouru près de 10 kilomètres.



Ce premier bras de coulée édifie rapidement une banquette littorale.



Le 29 août, un second bras de coulée, situé un plus au Sud, se dirige vers la mer qu'elle atteint un peu avant minuit dans une zone de falaises surplombant l'océan, un spectacle saisissant.



Dès la fin du 30 août commence au bord du platier en cours de construction une nouvelle activité due à l'intrusion de l'eau de mer dans le tunnel de lave situé sous la plate-forme. De spectaculaires explosions, des panaches de cendre caractéristiques d'une éruption magmato-phréatique vont construire 2 petits cônes, un petit lac de lave est même observé pendant une heure au cours de la nuit du 31 août au 1er septembre.
Cette activité inhabituelle est une première depuis que l'homme s'est installé à La Réunion au 17ème siècle.



L'activité cesse brusquement le 2 septembre dans la soirée,



mais reprend à la surprise générale 3 jours plus tard. Une lave incroyablement fluide émerge d'un tunnel vers 1800 mètres d'altitude, coulant à près de 50 kms / heure et noyant une partie du flanc Est de l'Enclos sous un tapis argenté, un spectacle d'une incroyable beauté.



Le jeudi 9 septembre, cette 2ème phase stoppe à nouveau, mais l'activité reprend en douceur le week-end suivant. Cette 3ème phase se prolonge jusqu'au 3 octobre, marquée par de faibles coulées, des projections occasionnelles et la construction d'un petit hornito à 2200 mètres d'altitude vers la fin du mois de septembre.

Cette éruption est la plus fertile en rebondissements que le Piton de La Fournaise ait connue depuis plus d'un siècle, une éruption exceptionnelle qui restera longtemps gravée dans les mémoires de ceux qui ont pu l'approcher.

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Contacts: Alain Gerente (Scientifique/Cinéaste) - Roxane DE LAJARTRE (Web designer / Graphiste) - Paul DE LAJARTRE (Photographe)

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