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Histoire de La Fournaise par Alain GERENTE English Version

Les éruptions 2005 - 2010

L’activité du Piton de la fournaise en 2010

L’éruption du  9 décembre 2010

 

Depuis la fin de l’éruption du 13 octobre, la très lente dilatation de la zone sommitale se poursuit. Le 9 décembre 3 crises sismiques sont enregistrées, la dernière débouche peu avant 23 heures sur l’ouverture d’une petite faille éruptive au nord-nord-ouest du Dolomieu.

Cette faille coupe le sentier qui mène de La Chapelle Rosemont à la Soufrière. L’éruption est de faible intensité et les coulées de quelques centaines de mètres de longueur s’arrêtent entre La Chapelle et le Puy Mi-Côte.

L’éruption cesse au bout d'une quinzaine d'heures, le lendemain en début d’après-midi.

 

Fin décembre l’Observatoire Volcanologique constate que le lent gonflement du massif se poursuit. Une éruption de plus grande ampleur semble probable au cours des premières semaines de 2011.

Pour toute info consulter le site de l’Observatoire : www.ipgp.fr  et cliquer sur La Réunion.


Les photos sont de Patrice Huet, responsable muséographique de La Maison du Volcan: www.maisonduvolcan.fr


L’éruption du 14 octobre 2010 : IMAGES DE CETTE ERUPTION DISPONIBLE EN HD !



Les premiers signes d’un nouveau réveil du Piton de La Fournaise remontent au 14 août 2010, date à partir de laquelle l’augmentation progressive de la sismicité et une inflation du sommet du volcan ont mis en évidence la mise sous pression du système magmatique.
Le magma effectue une première tentative d’atteindre la surface en cours de nuit le 24 septembre, mais la pression n’est pas encore suffisante et l’injection de lave s’arrête à quelques centaines de mètres sous le Dolomieu.
Le 14 octobre vers 14h le magma s’injecte à nouveau sous les cratères sommitaux induisant des déformations du sommet du volcan et générant de nombreux séismes qui provoquent des éboulements importants dans les falaises du cratère Dolomieu.




L’éruption semble imminente, mais à partir de 16h la sismicité indique que le dyke progresse latéralement vers le Sud-est de l’Enclos et s’approche du Château-fort. La nuit est déjà tombée quand l’éruption commence à 19h10.

Le lendemain on découvre que 4 petits cônes se sont construits sur la fissure éruptive qui s’est ouverte légèrement en dessous du Château Fort, mais le cône le plus en aval s’arrêtera définitivement en début de matinée et le cône amont au cours de la nuit suivante.

A partir du 16 octobre, seuls 2 cônes continuent d’émettre des fontaines de lave. Pendant une dizaine de jours l’activité éruptive se maintient à un niveau assez faible caractérisé par un débit de lave inférieur à 3 mètres cubes par seconde.
Les derniers jours de l’éruption, seul le cône aval reste actif, abritant un petit lac de lave. Puis ce cône s’arrête à son tour dans l’après-midi du 30 octobre. Quelques traces de dégazage sont enregistrées au cours de la nuit suivante, mais ces ultimes manifestations cessent le matin du 31 octobre. Le volcan s’est rendormiit.



Janvier 2010

Une crise sismique de 80 minutes commence à midi le 2 janvier. Une fissure éruptive s’ouvre vers 14h30 dans la paroi située entre les 2 cratères sommitaux. Entre 15 heures et 16 heures une série de panaches de cendres est observée depuis le Pas de Bellecombe.
Les volcanologues de l’OVPF constaterons depuis le bord du Dolomieu que ces panaches sont associés à des éboulements et avalanches de blocs qui se produisent à proximité de la fissure éruptive dans la falaise du Bory.
L’activité faiblit à partir du 4 janvier et s’achève le 12
Les coulées de lave émises recouvrent la totalité du fond du Dolomieu.



Photos Andrea Di Muro, IPGP - OVPF

L’activité du Piton de la fournaise en 2009


Le Piton de La Fournaise reste calme au 1er semestre 2009. En juin l’Observatoire Volcanologique du Piton de La Fournaise ( OVPF ) détecte un essaim sismique à 6 km sous le Dolomieu. À partir de la mi-juillet une faible et progressive déformation du volcan est le signe d’une injection du magma vers la chambre magmatique superficielle. La sismicité reste faible jusqu’à la fin septembre, mais début octobre une brusque augmentation du nombre et de l’énergie des séismes témoigne de la mise en pression du volcan.

Une première crise sismique suit très rapidement les 7 et 8 octobre ( 810 séismes ). La préfecture déclenche « l’alerte 1 », alerte qu’elle maintiendra jusqu’à la fin de l’année.
Une seconde crise sismique ( 427 séismes ) suit une semaine plus tard les 14 et 15 octobre, une troisième ( 626 séismes ) dans la nuit du 18 au19 octobre. Au cours de cette nuit le magma progresse jusqu’à 1500 mètres d’altitude, un trémor de plusieurs heures suggère le début d’une éruption, mais l’OVPF constatera le le 15 au matin que seule une nouvelle fumerole est le témoignage de cette crise, indiquant que l’intrusion magmatique a échouée à faible distance du fond du Dolomieu.

Après quelques jours de calme la sismicité augmente de nouveau et une éruption de quelques heures se déclenche le 5 novembre vers 21 heures. Plusieurs fissures s’ouvrent : paroi interne de la falaise sud du Dolomieu, fracture radiale à l’Est du Dolomieu vers 2450 mètres d’altitude, fractures près du bord sud-est du Dolomieu à l’origine de la coulée principale de « aa ». Environ 160.000 m3 de lave sont émis.

Suivent quelques jours de calme, puis la sismicité augmente de nouveau dès la mi-novembre.
Le 14 décembre peu avant 19 heures une nouvelle éruption de quelques heures est marquée jusqu’à 20 heures 20 par l’ouverture successive de 4 fractures. Chacune fracture émet fontaines et coulées de lave pendant quelques dizaines de minutes pour les 2 premières fractures, un peu plus longtemps pour les 2 dernières, mais vers 1 heure du matin l’éruption est terminée.
Le calme se maintient une dizaine de jours après l’éruption du 14 décembre 2009. Cependant à Noël l’inflation de la zone sommitale reprend. Une crise sismique se produit le 29 décembre annonçant un nouveau réveil à brève échéance du volcan.

L'activité du Piton de La Fournaise en 2008


L'éruption exceptionnelle d'avril 2007 a probablement vidangé de la plus grande partie du réservoir magmatique superficiel situé sous le Dolomieu, au niveau de la mer. À l'exception d'une petite crise sismique en janvier 2008, le volcan est resté calme jusque fin juin 2008.
En juillet la reprise de la sismicité fût le prélude à des petites éruptions qui se déroulèrent à l'intérieur du Dolomieu du 21 septembre au 2 octobre, les 26 et 27 novembre, et du 15 décembre au 4 février.
Ces 3 petites éruptions ont été marquées par de fortes crises sismiques préliminaires, un faible débit de magma et des points de sortie à mi-hauteur dans le rempart intérieur du cratère Dolomieu. Tout se passe comme si le fond du Dolomieu en s'effondrant début avril 2007 s'était enfoncé tel un piston dans le réservoir magmatique superficiel, le magma résiduel ou en provenance des profondeurs se frayant un chemin avec difficulté le long des parois de ce " piston ".
Si tel est le cas il est possible que l'on assiste encore à quelques activités de ce type avant de retrouver des éruptions classiques sur les pentes externes du Dolomieu ou dans l'Enclos.
La photo ci-dessous a été prise le 15 décembre ( www.delajartre.com ).

L’ACTIVITÉ  DU  PITON  DE  LA  FOURNAISE  EN  2007 (photos Paul-Edouard BERNARD DE LAJARTRE, www.delajartre.com)

LE DOLOMIEU ACTUEL:

AVANT:

À peine une semaine après l’arrêt de l’éruption au cours des deux premières heures de l’année 2007, la reprise de la sismicité et l’amorce d’une petite inflation indiquèrent que le Piton de La Fournaise n’allait pas tarder à reprendre du service. Début février l’Observatoire annonça qu’une nouvelle éruption était en préparation.

Le volcan se réveilla un peu avant 17 heures le 18 février : un survol juste avant la nuit,  permit de découvrir qu’une fissure éruptive traversait le Dolomieu d’Est en Ouest et réapparaissait sur le flanc Est du Dolomieu. Mais l’éruption faiblissait très vite et stoppait peu après minuit.

Il apparût très vite à l’Observatoire que cette courte activité était juste le prélude d’une éruption de plus grande ampleur en préparation. De plus l’aspect des laves émises laissait penser qu’il s’agissait d’un résidu des laves de l’éruption précédente.

La sismicité reprit avant la fin février et s’accentua au cours des semaines suivantes.

 

Un mois plus tard une moyenne d’une centaine de séismes journaliers et l’inflation significative du sommet du volcan  amenèrent l’Observatoire à pronostiquer une éruption à court terme. Le 26 mars la Préfecture de La Réunion déclencha la « vigilance volcanique ».

Le réveil du volcan intervint à 23 heures le 30 mars dans la région du 2ème Formica Léo sur le flanc sud-est du Piton de La Fournaise. L’éruption s’arrêta vers 8 heures le lendemain matin, mais la sismicité migra vers le flanc est-sud-est et atteignit un seuil impressionnant : un séisme par minute le 1er avril !

La nouvelle phase éruptive était attendue dans la partie basse de l’Enclos. Elle débuta vers 10 heures le 2 avril par l’ouverture d’une fissure entre 600 et 700 mètres d’altitude à proximité du Rempart du Tremblet.

 

Compte tenu de la proximité de l’océan, les coulées de lave parvinrent à la mer au cours de la nuit suivante. Le lendemain on nota une augmentation impressionnante de l’activité sismique sous le Dolomieu (1000 séismes journaliers), aussi l’Observatoire diffusa un message d’alerte prévoyant la possibilité d’un effondrement du Dolomieu.

Le 4 avril des séismes de magnitude supérieure à 3 furent ressentis au gîte du volcan, tandis qu’une déflation du Dolomieu était enregistrée par les réseaux de déformation. La zone sommitale du volcan étant devenue dangereuse, l’Enclos fût fermé même aux professionnels.

 

Pendant ce temps le débit de lave atteint un niveau exceptionnel, un record pour La Réunion, plus de 100 m3 par seconde (8 à 10 millions de m3 jour !). Les coulées joignaient l’océan sur un front de plus d’un kilomètre et provoquèrent la formation d’un panache de vapeur et d’acide chlorhydrique dont la hauteur les 5 et 6 avril fut estimée à 3000 mètres !

Dus à la fragmentation des torrents de lave au contact de l’océan, cheveux de Pelé et fins grains de lave étaient emportés par le panache et transportés dans toute l’île. La végétation du Grand Brûlé et de la région du Tremblet partiellement brûlée par les pluies acides et les retombées de particules de lave, a beaucoup souffert de cet épisode.

 

Le Dolomieu commença à s’effondrer dès le 6 avril au matin, mais la météo très défavorable empêcha toutes observations.  Le 7 au matin avec le retour d’un temps plus favorable, un survol hélicoptère permit de découvrir l’ampleur du phénomène.

La plateforme du Dolomieu était remplacée par un gouffre de 350 mètres de profondeur et le volume de roches disparu fût estimé à 50 millions de mètres cubes ! Le fond du Dolomieu est donc maintenant à une altitude inférieure de 50 mètres en-dessous du plancher de l’Enclos.

Le dernier effondrement de l’ensemble du Dolomieu remonte à 1930-1931, mais était de moindre importance. L’effondrement antérieur dont le volume n’est pas connu date de 1860 !

Ce superbe cratère dont le fond était tapissé de splendides laves pahoehoe torsadées suite à l’activité de la fin 2006 est devenu un énorme gouffre peu esthétique aux bords instables et dangereux. Un visiteur de passage ne connaissant pas l’histoire du Piton de La Fournaise pourrait se croire sur un volcan explosif .

Ces effondrements vont se poursuivent au cours des jours suivants et seront accompagnés de panaches de cendre. Même « La Soufrière » va faire les frais de ces évènements. Une énorme fissure s’est également ouverte dans le Bory et une petite partie de ce cratère pourrait bien avoir disparu au fond du gouffre au moment où vous lirez ces lignes.

 

L’activité éruptive en bord de mer diminua à partir du 7 avril, même si, le matin du 7, deux magnifiques fontaines de lave dépassant  une centaine de mètres de hauteur étaient encore visibles à plus de 10 kilomètres.  L’éruption s’arrêta une dizaine d’heures le 10 avril, mais dès le lendemain on pouvait admirer de nouveau les 2 fontaines, bien qu’elles soient de moindre ampleur, et de nombreuses coulées de lave. Le matin du 13 une petite éruption phréato-magmatique marqua la fin de la fontaine de lave amont. Celle restante disparut 2 jours plus tard. À partir de 16 avril le cratère fût le siège d’un intense dégazage et occasionnellement d’une torchère de gaz brûlant visible la nuit.

 

Les jours suivant s’édifia à partir de la base du cratère un long tunnel à l’intérieur duquel cheminait la lave. Son parcours était parsemé en surface par une demi-douzaine de petits hornitos, formés lors d’une augmentation brutale de pression dans le tunnel.

La lave émergeait en surface vers 300 à 400 mètres d’altitude avec un débit variable, et atteignait occasionnellement l’océan lorsque ce débit était maximum.

Le matin du 28 avril trois des hornitos et le cratère émettaient de grandes flammes. L’éruption s’arrêta le 30, mais des coulées de lave provenant de la vidange des tunnels étaient encore visibles au bord de l’océan les jours suivants.

L’Observatoire Volcanologique estime à 120 millions de m3 le volume de lave émis, ce qui en fait de cette éruption une des plus importantes connues. Un tiers de ce volume s’est épanché en mer construisant une plate-forme de 35 hectares. 4 Km2 de forêts et de ravines ont été recouverts par la lave.

 

Cette éruption émit une énorme quantité de gaz sulfureux, de cheveux de Pelé, de fines particules de lave, ce qui, joint au panache d’acide chlorhydrique, engendra une forte pollution sur toute la partie est et sud de l’île. Certains jours la visibilité dans les hauts du sud de l’île ne dépassait pas 1 km par beau temps ! Des couchers de soleil d’un rouge inhabituels ont émerveillé les touristes de passage, compensant leur frustration de ne pouvoir approcher les phénomènes volcaniques, la zone d’éruption étant fermée au public.

 

Depuis la fin avril  l’observatoire enregistre chaque jour des séismes profonds situés entre 1 et 7 km sous le niveau de mer, signaux pouvant être interprétés comme une réalimentation en profondeur de la chambre magmatique superficielle, chambre située entre 0 et 500 mètres d’altitude sous le Dolomieu.

Compte tenu de la persistance de ces séismes dans les jours qui ont suivi la fin de l’éruption, l’Observatoire n’exclut pas une reprise éventuelle prochaine de l’activité éruptive.

Début mai l’Observatoire estimait que le nouveau volume de l’intérieur du cratère Dolomieu était proche de 150 millions de m3, c'est-à-dire que le volume des effondrements depuis le 6 avril était déjà largement supérieur à 100 millions de m3.

Comme de nombreux éboulements continuent dans le Dolomieu (au moins un par demi-heure), l’ouverture prochaine de l’Enclos en ce début du mois de mai 2007 reste très problématique.   

L'activité du Piton de La Fournaise en 2006


photos: Paul-Edouard BERNARD DE LAJARTRE, www.delajartre.com

Après la spectaculaire éruption qui s'est déroulée dans la Plaine des Osmondes entre le 26 décembre 2005 et le 18 janvier de cette année, le Piton de La Fournaise est resté calme et la sismicité faible jusque début avril.
Les premiers signes d'un futur réveil du volcan sont apparus vers la mi-avril avec une petite augmentation du nombre de séismes journaliers et un début de déformation de la zone sommitale.
Fin mai, dans son bulletin mensuel, l'Observatoire Volcanologique signale une nette ouverture du cratère Dolomieu vers le Nord Est, de l'ordre de 5 cm. Fin juin on note jusqu'à 60 séismes par jour avec un soulèvement de l'ordre de 3 cm des cratères sommitaux.
Début juillet, l'ouverture du Dolomieu atteint 7,5 cm et l'Observatoire lance un avis de " pré-alerte " en indiquant que " une éruption va intervenir dans les jours ou les semaines qui viennent ". Le 20 juillet une crise sismique intense commence peu après 2 h du matin. Une première fissure éruptive s'ouvre 2 heures plus tard au Sud-Ouest du Dolomieu, au-dessus du Rivals et devait rester active jusqu'en début d'après-midi.
Un peu avant 6 h du matin une seconde fissure s'ouvre le long de la piste balisée reliant le Rivals et le Château Fort. Elle émit de faibles coulées de lave jusqu'au 14 août où cessa toute activité éruptive et construisit un cône presque parfait. Il fût baptisé le " Piton de la Paix " en référence aux tragiques évènements qui se déroulaient à cette époque au Liban.

Le volume de laves émises au cours de cette période de 26 jours, entre 2 et 3 millions de mètres cubes, s'est révélé très nettement inférieur à celui à l'origine du gonflement " pré-éruptif " de juillet. Il restait donc du magma en surplus dans le réservoir superficiel du volcan. Ce fait amena Thomas Staudacher, directeur de l'Observatoire Volcanologique, à pronostiquer une reprise de l'activité dans les mois suivants.

Le réveil de La Fournaise se fit pratiquement sans signes précurseurs le 30 août et surprit tout le monde.
Deux fissures s'ouvrirent vers 11 h 35, la première très active dans la partie Sud Est du cratère Dolomieu à peu de distance du rempart, la seconde extérieure au Dolomieu, à quelques mètres du bord du rempart, n'émit des laves que quelques heures donnant naissance à une petite coulée qui s'arrêta au nord du cratère Maillard.

Un groupe d'étudiants en volcanologie de diverses universités françaises qui ne s'attendait évidemment pas au réveil du volcan, se trouvait dans le cratère Bory, à un kilomètre environ des fissures éruptives, lorsque l'éruption a commencé.
D'après leur témoignage, il ne s'est pas passé plus de 10 secondes entre le bruit d'effondrement signalant l'ouverture des fissures, l'expulsion des premiers gaz volcaniques et l'apparition des fontaines de lave. On peut maintenant répondre à la question que " les coureurs de volcan " locaux se posent à l'occasion : Est-il possible de fuir quand on perçoit des vibrations sous ses pieds annonciateurs de l'irruption imminente d'un dyke à l'air libre ? La réponse est évidemment négative et il vaut mieux éviter de flâner dans le fond du Dolomieu quand la menace d'une éruption prochaine plane ...

À notre arrivée, Paul Edouard et moi, sur le site éruptif, un peu avant 16 heures ce 30 août, une coulée de lave recouvrait le quart Nord Est du Dolomieu provenant d'un cône échancré de 3 à 4 mètres de hauteur, émettant des fontaines hautes d'une cinquantaine de mètres. Á environ vingt mètres de ce cône, un lac de lave qui devait rester actif jusqu'à minuit, entourait une partie de la fissure éruptive. Ce lac était nourri par une fontaine à son bord Est, le long du rempart, et la lave émise traversait lentement la surface du lac, soulevée par des bulles de gaz dépassant le mètre de diamètre, avant de disparaître dans une fosse à son bord Ouest.
Nous avions déjà observé le même phénomène dans les premières heures de l'éruption du 4 octobre 2005 située, elle aussi, dans le Dolomieu.

Il était possible de s'approcher à une vingtaine de mètres du lac et de le surplomber, mais, malgré le vent favorable, la chaleur rayonnée était insupportable. Pour effectuer les prises de vues, films et photos, il nous fallut s'abriter sous laines polaires et anoraks et observer le phénomène à travers ... les viseurs des appareils, ce qui ne nous évita pas d'attraper quelques brûlures bénignes.

Le soir du 1er septembre, après avoir atteint une dizaine de mètres de hauteur, c'est-à-dire le niveau du bord du Dolomieu à cet endroit, le cône égueulé finit par se refermer, l'échancrure ayant été obstruée par d'énormes blocs provenant de l'effondrement de la paroi interne du cône. La lave circula désormais dans des tunnels et de nombreuses résurgences furent observées entre le cône et la base du rempart près de " La Soufrière ".
Le lendemain le Préfet décida d'une ouverture partielle du volcan aux non professionnels : la porte qui condamne l'accès à l'Enclos fût désormais, sauf mauvais temps, ouverte à 6 H le matin et refermée le soir à 18 H. L'accès au cratère Bory était interdit, mais 2 plateformes d'observation et un service de sécurité étaient installés au lieu dit " La Soufrière " et à peu de distance du nouveau cône volcanique.


photos: Paul-Edouard BERNARD DE LAJARTRE, www.delajartre.com

Á partir du 3 septembre brouillard, vent et pluie s'invitèrent sur le volcan pour une semaine. Le 10 septembre on constata qu'un cône d'une vingtaine de mètres de hauteur s'était construit et que les projections avaient pratiquement recouvert la zone séparant ce cône du bord du rempart.
Le nouveau cône très imposant fût alors baptisé " La Wouandzani ", ce qui signifie Piton de " la fraternité " en comorien. Les noms des plus importants cônes volcaniques de ces dernières années sont donnés par le directeur de l'Observatoire. Ils font en général référence à des divinités du panthéon religieux, des personnalités ou des noms d'origine indienne , chinoise , arabe , africaine ( Kapor, Célimène, Pârvédi, Morgabim, Tourkal, Madore, Gwanyin, Payanke, Qâf ). Vous pourrez trouver l'origine de ces noms et l'histoire des éruptions correspondantes dans la rubrique " Histoire du Piton de la Fournaise " de mon site www.alaingerente.com .

Le 12 septembre une petite fontaine de lave apparût au pied du Wouandzani en bordure du rempart, donnant naissance à une mare de lave au même emplacement que celui du 30 août. Ce petit lac s'élevant progressivement, finit par atteindre le niveau du rempart pour déborder à l'extérieur donnant naissance à une petite coulée de " shelly pahoehoe " qui s'épancha sur une courte distance en direction du cratère Maillard.
Suite à cet épisode, il est maintenant possible, pour la première fois depuis 1930, de pénétrer de plain-pied dans le Dolomieu. Il n'est plus nécessaire de " descendre dedans " !
Deux jours plus tard se produisit une subsidence du lac consécutive à l'évacuation de la lave vers l'intérieur du Dolomieu, puis le lac cessa d'être actif.

Á partir du 15 septembre des nappes de pahoehoe ont lentement recouvert et " damé " la plus grande partie du plancher du Dolomieu, pour le plus grand plaisir des scientifiques de l'Observatoire et des " aficionados " du volcan qui pourront désormais visiter ce cratère ( en dehors des périodes d'imminence d'éruption ! ) sans avoir à franchir les traditionnelles et éprouvantes coulées de gratons, les " aa " locaux qui recouvraient précédemment le fond du Dolomieu.
Pendant cette période un lac de lave assez agité s'est maintenu dans " La Wouandzani " et des projections de faible hauteur ont continué à retomber occasionnellement sur les flancs de ce cône.

Nous avons continué à visiter régulièrement le fond du cratère Dolomieu pour photographier et filmer les différentes langues de lave pahoehoe qui prennent toutes les formes typiques de l'activité hawaïenne lorsque une " nappe de pahoehoe " progresse sur un terrain plat ou en faible pente : laves en tripes qui ressemblent à de gros intestins, laves cordées , laves en spirales qui s'enroulent autour d'un petit obstacle, ampoules de lave sortes de boursouflures dues à la migration vers la surface de bulles de gaz à la manière des maîtres verriers qui soufflent de l'air dans du verre en fusion, doigts de lave espèces de petites protubérances qui naissent et gonflent sur le bord des coulées pahoehoe.
L'un des aspects caractéristiques de la progression de ces nappes de lave est leur lent gonflement qui était parfois perceptible à l'oeil. Il est possible de progresser un très court laps de temps sur ces nappes avec de bonnes chaussures ( semelles en matière inflammable s'abstenir ! ), ce qui permet de constater la nature plastique de la carapace et d'en percevoir le gonflement !

Début octobre 75 % du fond du Dolomieu était rempli par ces nouvelles laves et le " trémor " de l'éruption faiblissait très lentement, mais progressivement. La fin de l'éruption approchait-elle ? Les 5 semaines d'activité pouvaient le laisser penser. Cependant un calcul approximatif donnant entre 4 et 6 millions de mètres cubes des laves émises depuis le mois de juillet, indiquait que ce volume était clairement inférieur à celui à l'origine du gonflement précédant la première phase éruptive de juillet. Il restait donc du magma qui ne demandait qu'à sortir !

Quelques jours plus tard le dimanche 8 octobre, le centre météorologique de La Réunion annonça que, suite à la formation d'un anticyclone très puissant ( 1045 millibars ), au Sud de La Réunion, de forme elliptique très particulière ( le grand axe de l'ellipse était orientée Nord Sud et non Est Ouest comme à l'accoutumée ), des masses d'air humides et très froides venant directement du continent Antarctique étaient attendues sur l'île. Des chutes de neige étaient envisagées sur le volcan le lundi soir avec un vent violent.
Le préfet décidait la fermeture de l'Enclos jusqu'au retour du beau temps.

Le lendemain, le 9 octobre, de nombreux réunionnais décidaient d'aller passer la nuit suivante au gîte du volcan ou de " pique-niquer " la nuit dans leur voiture malgré le froid, le vent et le brouillard afin de " voir la neige ". Ce matin là l'Observatoire Volcanologique notait une chute brutale du " trémor " pendant une heure, suivi d'une augmentation progressive dans les 2 heures suivantes pour atteindre en fin de matinée une valeur supérieure de 30 % à celle de la veille. Que se passait-il au piton Wouandzani ? La réponse ne devait être connue que le lendemain soir.
Au cours de la nuit du 9 au 10 octobre plusieurs centimètres de neige tombèrent sur le Piton de La Fournaise comme en août 2003, phénomène qui, semble-t-il, ne s'est pas produit au 20ème siècle. La répétition de cet évènement exceptionnel, des chutes de neige à 2000 mètres d'altitude sous les tropiques, est-il lié au réchauffement climatique ? Les météorologues interrogés restent très prudents et parlent plutôt de configuration des anticyclones et dépressions des " quarantièmes rugissants " très particulière.


photo: Francois MARTEL


L'après-midi du 10 octobre trois passionnés du volcan gravirent le volcan sous la neige et parvinrent au bord du Dolomieu dans le brouillard, alors que quelques flocons de neige continuaient à tomber. Ils s'apprêtaient à redescendre quand une éclaircie se produisit et découvrirent alors qu'un nouveau cône était en construction et que " La Wouandzani " était tout blanc tout en exhalant des gaz volcaniques !
Ce nouvel édifice probablement né le 9 au matin, se situait près du bord du Dolomieu à une centaine de mètres de l'autre cône. Les journalistes n'attendirent pas cette fois l'aval de l'Observatoire pour le baptiser, dès le lendemain, " Piton La Neige ".

Nous sommes partis le soir même de ce 10 octobre pour découvrir le nouveau cratère et le volcan sous la neige. L'ascension du Bory cette nuit là restera un souvenir impérissable. Il régnait un froid glacial et la neige qui avait commencé à fondre dans la journée avait gelé rendant le terrain particulièrement glissant. L'atmosphère rappelait les départs en fin de nuit d'un refuge alpestre pour une randonnée de ski de printemps !
La progression marquée de quelques chutes sur le terrain verglacé nous amena au lever du jour à découvrir un spectacle incroyable : une éruption hawaïenne sous la neige !
Le nouveau cône proche du rempart du Dolomieu, était largement ouvert, ce qui permettait d'observer le lac de lave intérieur à moins d'une centaine de mètres. La chaleur était intense, mais tout autour de nous le sol était couvert de neige ! Le sol autour du nouveau cratère était plat, aussi la lave pahoehoe qui s'évacuait du cratère progressait avec difficulté et se recouvrait d'une croûte éphémère. Le magma non dégazé plus léger, prisonnier sous la croûte, finissait par briser la carapace et se répandre sur elle, créant des mares de lave temporaires. Une nouvelle carapace se formait alors et le phénomène se reproduisait quelque temps plus tard, précédé par un gonflement de la croûte, visible de notre point d'observation surplombant à une cinquantaine de mètres de distance.
Voir un champ de pahoehoe en activité au milieu de la neige est un évènement rarissime et peu de témoins dans le passé ont eu la possibilité d'assister à un tel spectacle, quelque uns probablement au cours des anciennes éruptions du Mauna Loa à Hawaï.
Un survol en hélicoptère le soir nous permit d'apercevoir un petit lac de lave encore très actif au fond du Wouandzani.

Le lendemain le nouveau cône s'était refermé et le lac de lave intérieur n'était plus visible. En moins d'une semaine les projections édifièrent un édifice d'une vingtaine de mètres de hauteur pendant que La Wouandzani cessait toute activité et s'écroulait en partie perdant un tiers de sa hauteur.
De superbes nappes de pahoehoe et des mares de lave transitoires ont continué à s'épancher dans le Dolomieu. Le 19 octobre le cône du Piton La Neige commençait à se refermer et peu de projections et de coulées étaient visibles. Cependant l'Observatoire Volcanologique constatait une augmentation lente et régulière du " trémor ", ce bruit sismique continu dû à l'éruption. Quelques jours plus tard de nombreuses petites nappes de lave étaient visibles et la partie accessible du plancher du Dolomieu se réduisait comme une peau de chagrin.

Le " trémor " finit par atteindre son niveau le plus élevé, celui de la mi-septembre vers le 30 octobre. Au cours de ce dernier week-end d'octobre, le mauvais temps interdit toute observation, mais le 31 octobre avec le retour du beau temps, on constatait un nouveau changement. Une petite coulée de pahoehoe avait réussi à franchir le bord du Dolomieu et à descendre jusqu'au cratère Maillard.

L'édifice volcanique s'était élargi, ses pentes s'étaient redressées lui donnant une allure inhabituelle de cylindre et un superbe lac de lave trônait à quelques mètres de son sommet, bien au-dessus du plancher du Dolomieu. Ce lac bouillonnant d'une quinzaine de mètres de diamètre, était très agité et périodiquement de grosses bulles de gaz le soulevaient et des demi sphères de lave pouvant atteindre une dizaine de mètres de diamètre étaient propulsées régulièrement au-dessus du " cylindre-cône " !

En fin d'après-midi ce dernier jour d'octobre, notre point d'observation était situé sur un éperon rocheux du rempart du Dolomieu à une cinquantaine de mètres du cratère en activité et au même niveau que son sommet, le froid commençait à être vif, mais à chaque apparition de ces énormes " bulles de lave " que nous observions hypnotisés, une onde de chaleur bienfaisante nous réchauffait


lave lisse dans le Dolomieu et photo du nouveau cratère le Moinama, avec en arrière plan le Wouandzani.
www.delajartre.com

FIN DE L'ACTIVITÉ DE 2006


L'activité du Piton La Neige va continuer tout le mois de novembre, vers le 20 il va être rebaptisé Piton Moinama, ce qui signifie " le frère " en comorien, ce cône volcanique étant voisin du Wouandzani qui pendant ce temps s'aplatissait de plus en plus suite à des effondrements.
Les laves de cet évent s'évacuant vers l'intérieur du Dolomieu , le plancher de celui-ci finit par atteindre le niveau de son rebord Est. Aussi de petits débordements épisodiques se mirent en place après le 15 novembre. Vers la fin du mois, un tunnel de lave de 4 à 5 mètres se construisit à partir du bord Est du Dolomieu et draina la lave jusqu'au cratère Jean à 1500 mètres d'altitude.
Début décembre le front des coulées atteignait le haut des " Grandes Pentes " à 1200 mètres. Vers mi-décembre le front se situait à moins de 5 km de la côte.

Vers le 20 la situation changeait avec l'apparition d'une nouvelle résurgence de lave à mi-chemin entre le Moinama et le Wouandzani. Cette résurgence tarit le tunnel qui drainait le magma vers le flanc Est et les grandes pentes et construisit en 48 heures un nouveau cône d'une quinzaine de mètre de haut, tout en continuant à remplir de lave le Dolomieu.
Au cours de la nuit du 22 au 23, les coulées débordaient de nouveau du Dolomieu. Le matin du 23, vers 8 heures, ce nouveau cône volcanique stoppait son activité, tandis que le Moinama reprenait du service et qu'une fontaine de lave apparaissait entre lui et le 3ème cône. Le soir du 23 un 4ème cône achevait sa construction.
Plusieurs jours de mauvais temps empêchèrent les observations jusqu'au 27 décembre où l'on découvrit 3 cônes en activité, abritant chacun un lac de lave, le Moinama , le 3ème et le 4ème évents : Le 4ème cône était ouvert sur le milieu du Dolomieu et le 3ème cône soumis à des " gaz-pistons " débordait régulièrement recouvrant l'intégralité du cône d'un flot de lave très spectaculaire pendant 3 à 5 minutes, 2 à 3 fois par heure.
Le lendemain, le 4ème cône stoppait définitivement son activité, et les phénomènes de " gaz-piston " devinrent plus rares et irréguliers, mais les coulées continuaient à déborder du Dolomieu et à s'étendre à l'extérieur sur quelques centaines de mètres.
Un très mauvais temps s'installa ensuite sur le volcan et c'est sans témoin que l'éruption du 30 août s'arrêta peu après minuit la nuit du réveillon.
Pendant ces 4 mois d'activité, de 15 à 20 millions de lave ont été émis, essentiellement à l'intérieur du cratère Dolomieu dont le plancher s'est rehaussé de 20 à 30 mètres.

Eruption Juillet - Août 2006


photos: Paul-Edouard BERNARD DE LAJARTRE, www.delajartre.com

Suite à l'éruption qui s'est déroulée dans la Plaine des Osmondes pendant les fêtes de fin d'année et s'est achevée le 18 janvier, la sismicité est restée faible jusque début avril.

Les premiers signes d'un futur réveil du volcan sont apparus vers la mi-avril avec une petite augmentation du nombre de séismes journaliers et un début de déformation de la zone sommitale.

Fin mai dans son bulletin mensuel l'Observatoire Volcanologique signale une nette ouverture du cratère Dolomieu vers le Nord Est, de l'ordre de 5 cm. Fin juin on note jusqu'à 60 séismes par jour avec un soulèvement de l'ordre de 3 cm des cratères sommitaux.

Le 20 juillet une crise sismique intense commence un peu après 2 h du matin. Une première fissure éruptive s'ouvre 2 heures plus tard au Sud-Ouest du Dolomieu, au-dessus du Rivals. Un peu avant 6 h du matin une seconde fissure s'ouvre entre le Rivals et le Château Fort. La 1ère fissure s'arrête l'après-midi du 20 juillet. La seconde va rester active pendant 26 jours émettant de faibles coulées de lave et construisant un cône presque parfait. Il sera baptisé le « Piton de la Paix » en référence aux tragiques évènements qui se passent à ce moment précis au Liban.

L'activité du Piton de La Paix cesse le 14 août après avoir émis une quantité de lave peu importante compte tenu des déformations pré-éruptives ( entre 2 et 3 millions de mètres cubes ).

photos: Paul-Edouard BERNARD DE LAJARTRE, www.delajartre.com

L'Éruption du 26 décembre 2005

Dans les jours qui suivirent l'éruption du 29 novembre, une reprise de la sismicité et le gonflement de la zone sommitale ont conduit l'Observatoire à pronostiquer une nouveau réveil du volcan pour la fin de l'année.
Le 26 décembre en début d'après-midi une crise sismique alerta les volcanologues sur l'imminence d'une éruption. Vers 16 heures l'activité sismique migrait vers le " Nez Coupé de Sainte-Rose " et, à 17h15 , une petite fissure éruptive s'ouvrait près du cratère Faujas à l'altitude de 2040 mètres.
Les 2 photos ci-dessous ont été prises à 17h20 et 17h30, c'est à dire quelques minutes après le début de l'éruption.

Cette première fissure cessait son activité un peu avant 20h , mais la crise sismique continuait dans la zone du " Nez Coupé de Sainte-Rose ".
À 22h45 , vers 1600 mètres d'altitude, une seconde fissure éruptive s'ouvrait dans le haut de la Plaine des Osmondes se prolongeant au milieu du rempart délimitant le Nord de cette plaine.
C'est sur ce rempart que se concentrait l'activité principale et les fontaines de lave particulièrement spectaculaires cette nuit-là provoquaient la formation d'un nuage rougeoyant visible jusqu'à l'île Maurice située à 200 Kms.
Fontaines et coulées très fluides ( le front des laves devait atteindre 450 mètres d'altitude ) restaient très actives jusque dans l'après-midi du 28 décembre, puis faiblissaient progressivement.


photos: Paul-Edouard BERNARD DE LAJARTRE, www.delajartre.com

Pendant une dizaine de jours des observations faites par hélicoptère pendant les rares périodes de beau temps indiquaient la présence de petites coulées dépassant rarement 1km de longueur et aussi de faibles projections au niveau du cratère construit au milieu du rempart.
Une reprise très nette de l'activité était notée à partir du 6 janvier, cette activité passant par un pic entre le 8 et le 10, pic marqué surtout par une nette augmentation du débit de lave permettant à des coulées longues de 3 à 4 kms d'atteindre l'altitude de 400 mètres.

L'activité chutait brutalement vers la fin de la nuit du 10 au 11 janvier, le cratère s'effondrait sur lui-même. Les survols hélicoptère le matin du 11 janvier indiquaient qu'il ne restait plus que quelques minuscules coulées.
Ce type d'activité résiduelle très faible persistait jusqu'au 18 janvier, date à laquelle le trémor éruptif cessait marquant la fin de
l'éruption.

L'ÉRUPTION DU 29 NOVEMBRE 2005

Quelques jours après la fin de l'éruption d'octobre, une reprise en douceur de la sismicité et les premiers indices d'un gonflement de la partie Nord du cratère Dolomieu ont conduit l'Observatoire Volcanologique à pronostiquer un nouveau réveil du volcan.
A partir du 10 novembre un minimum d'une cinquantaine de séismes était enregistré chaque jour et la crise sismique finale se déclenchait vers 6h le 29 novembre.

L'éruption débutait une demi-heure plus tard dans le brouillard. Une amélioration du temps de courte durée intervenait vers 7h permettant à des touristes de passage de prendre les premières photos de l'activité : De petites fontaines de lave étaient présentes au pied du cratère Bory sur le plancher du Dolomieu. Le principal point d'émission des coulées se trouvait au-dessus des cratères Célimène et Kapor et le sentier d'accès à La Soufrière était coupé par la lave près de La Soufrière.

L'éruption était de courte durée et plus aucune activité n'était visible en début d'après-midi. En fin de journée un communiqué de l'Observatoire Volcanologique annonçait la fin de l'éruption.


Photos: Patrick Devidal,
patrick.devidal@merck.com

L'ÉRUPTION D'OCTOBRE 2005


Après l'éruption spectaculaire de février 2005 ( 2 coulées en mer ), le Piton de La Fournaise est resté calme pendant 3 mois et demi. Peu de séismes, pas de déformation et même une légère fermeture des cratères sommitaux.
Mi juin apparaissent les premiers signes d'un futur réveil du volcan avec une augmentation brutale de la sismicité pendant une semaine et un début de déformation marqué par une faible ouverture du Dolomieu. Suit une petite période de calme, puis à partir du 7 juillet tous les signaux de la prochaine venue d'une éruption se mettent en place : Sismicité et gonflement du massif.
Cette lente " maturation " du volcan va se prolonger jusqu'à début octobre.

Le mardi 4 octobre une crise sismique débuta vers 13h30 indiquant la mise en place d'une intrusion. Le magma parvint à la surface une heure plus tard au fond du cratère Dolomieu, près de la limite Bory-Dolomieu. Le début de l'éruption à 14h28 fût marqué par l'ouverture de 3 fissures , la plus active au pied du Piton Kaf ( né au cours de l'éruption de juin 2003 ). L'Enclos fût immédiatement fermé au public.


Vers 20 heures une période de mauvais temps qui devait durer 36 heures interdit toute observation. Il fallut attendre le jeudi 6 octobre avec le retour du beau temps pour constater que seule subsistait une fontaine de lave au pied du " Kaf ". Celle-ci avait construit un cratère d'une quinzaine de mètres de hauteur égueulé vers l'Est d'où sortait une petite coulée. Cependant l'épanchement de lave se faisait principalement par des tunnels qui émergeaient en différents points du Dolomieu dont le tiers environ était recouvert.
Le 6 et le 7 octobre de nombreux effondrements de la paroi interne du nouveau cône en construction obstruaient occasionnellement la sortie du cratère, mais la lave réussissait toujours à casser les blocs et à s'épancher à l'extérieur du cratère .

Dans la nuit du 7 au 8 après un nouvel effondrement , la sortie du cratère se bouchait définitivement, le magma se frayant un chemin vers l'extérieur à travers un tunnel.
Dès lors le cratère se refermait rapidement au cours du week-end du 8 et 9, week-end au cours duquel l'accès à l'Enclos fût réouvert au public.

Du 8 au 16 octobre, le beau temps aidant, près de 15000 visiteurs se rendirent sur le site officiel autorisé, le lieu-dit " La Soufrière " pour observer une activité stationnaire : un cratère refermé d'où émergeait occasionnellement des lambeaux de lave sur une quinzaine de mètres au dessus de son rebord,. Le fond du Dolomieu était parsemé de nombreuses petites coulées de lave pahoehoe.

Dans la nuit du 16 au 17 octobre le mauvais temps était de retour rendant toute observation impossible et c'est dans l'anonymat et au milieu du brouillard que le cratère cessa son activité brutalement à 13h10 le lundi 17 octobre.

L'éruption de FEVRIER 2005


Fin janvier 2005, moins de 4 mois après la fin de « l'Éruption Magique » la reprise de la sismicité sous le Piton de La Fournaise indiqua que le volcan n'allait pas tarder à se réveiller.

Début février l'Observatoire Volcanologique enregistrait chaque jour de 10 à 50 séismes de faible intensité, et constatait un gonflement progressif de la zone sommitale du volcan au niveau de La Soufrière, indicateur d'un risque d'éruption dans la zone Nord de l'Enclos Foucqué.

Le 17 février en début d'après-midi, une première crise sismique amena l'Observatoire à déclencher une alerte de niveau 1. A 17h30, ce même jour la crise intrusive commençait, annonçant l'imminence de la nouvelle éruption.

Vers 20h30 une fracture éruptive s'ouvrit entre 1700 et 1500 mètres d'altitude, sur les pentes Ouest de la Plaine des Osmondes.

Depuis plusieurs jours, des pluies diluviennes et des orages d'une extrême violence s'étaient abattus sur la Réunion provoquant nombre d'éboulements et inondations, coupant tous les accès au chef-lieu de l'île (St Denis) depuis l'Ouest. Aussi cette nuit-là,

les lueurs de l'éruption se reflétèrent sur la couverture nuageuse, embrasant le ciel de toute la moitié Est de l'île.

Le front de la coulée de lave la plus avancée stoppa vers 3 heures du matin à 2 kilomètres de la RN2, la Route des Laves, étant descendue jusqu'à l'altitude de 350 mètres.


Dans l'après-midi le front de ces coulées commençait à dévaler le dernier « cassé » des Osmondes ( les fortes pentes au-dessus de la forêt du Grand Brûlé).

Les coulées de lave étaient donc à nouveau visibles depuis la RN2, attirant en début de nuit un flot important de touristes. Le front se stabilisait à 3 kms de la RN2.


Le 24 février en fin d'après-midi, plus d'une dizaine de coulées s'épanchaient dans les dernières fortes pentes, engloutissant la forêt du Grand-Brûlé. Un spectacle grandiose !!!


Dans la nuit du jeudi 24 au vendredi 25 février, vers 3 heures du matin se fit entendre jusqu'à la RN2 un ronflement rappelant le bruit d'un réacteur d'avion : La fissure éruptive entre 1700 et 1500 mètres d'altitude venait de reprendre du service. Au même moment, les coulées cessaient d'être alimentées les unes après les autres, seules 2 coulées étaient encore actives au petit matin.

Un survol en hélicoptère vers 7h30 le matin du 25 permit de découvrir la source du « ronflement ». Une nouvelle fracture s'était ouverte à la base amont des 2 cônes de la semaine précédente. De cette fracture s'échappaient avec une extrême violence des gaz, des panaches de cendres et de faibles projections sur une centaine de mètres de hauteur, le tout accompagné d'un bruit infernal rappelant celui des tuyères d'un Airbus au décollage.


Plus aucune coulée n'était visible, cependant le violent dégazage indiquait que l'éruption n'était pas terminée, la lave ayant vraisemblablement pris un cheminement souterrain, elle ne devrait pas tarder à réapparaître ?



Vers 17h00 des fontaines de lave jaillirent sur les hauteurs du Grand Brûlé entre 800 et 1000 m d'altitude. Une coulée extrêmement fluide dévala les pentes, traversant la RN2 vers 20h00 à la surprise générale et atteignant la mer à vive allure peu avant minuit. Le spectacle fût dantesque.


Cette nuit là, des séismes furent ressentis sur Bois-Blanc, et une coulée de lave sortit du rempart de Bois Blanc à basse altitude (450 m) au pied du Trou Caron.



Cette nouvelle coulée progressa lentement le matin du samedi 26, puis accéléra brutalement en début d'après-midi. Un front de plus de 200 m de large traversa la RN2 vers 15h25 longeant le rempart de Bois-Blanc, dévastant le site de la « Vierge au Parasol », la Vierge ayant été déménagée dans l'urgence quelques heures plus tôt. A 17h00 la nouvelle coulée atteint l'océan. Toute la végétation le long du Rempart entre la RN2 et la mer prit feu déclenchant des explosions impressionnantes dues au méthane.



Vers 22h00, le « trémor », indicateur de l'activité volcanique chuta brutalement.

L'éruption était virtuellement terminée, mais de petites coulées de lave provenant de la vidange des tunnels furent encore observées jusqu'au dimanche 27 en milieu de journée.


Une activité sismique importante se maintint pendant plusieurs jours sous le Dolomieu

(en moyenne un séisme toutes les 4 minutes ) indiquant la possibilité d'un effondrement partiel du Dolomieu et de la formation d'un « pit crater », aussi l'accès aux cratères sommitaux resta interdit une dizaine de jours jusqu'au retour du calme sismique.


L'après-midi du 18 février, 2 bouches étaient encore très actives et donnaient naissance à 2 coulées fluides d'une longueur avoisinant les 4 kms.


Le samedi 19 au matin, seule une bouche éruptive restait active. Les coulées qui n'étaient plus visibles de la RN2, devaient se répandre au fond de la Plaine des Osmondes.

Dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 février, des pécheurs et des habitants de Bois-Blanc observèrent des lueurs dans la Plaine des Osmondes annonçant une 2ème phase de l'éruption.

Le premier survol en hélicoptère, ce mardi 22 février au petit matin, permit d'observer une sortie de lave très fluide à 1200 mètres d'altitude dans la Plaine des Osmondes au pied du rempart de Bois-Blanc.


Le 23 février, toute la partie basse de la Plaine des Osmondes entre 800 et 1100 mètres d'altitude était noyée sous des coulées de laves lisses, des « pahoehoe ». Une série de tunnels de lave se mettait en place.

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